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Les symboles des cartes du Tarot de Marseille expliqués

Les symboles des cartes du Tarot de Marseille expliqués

Elisabeth

N'hésitez pas à me poser une question gratuitement à la fin de cette article !

Les symboles d’une carte de tarot sont les détails de son image que l’on lit pour l’interpréter : les objets que tiennent les personnages, les animaux, les astres, les gestes et les numéros. Dans le Tarot de Marseille, la lanterne de L’Hermite évoque le recul et la recherche d’un guide, la balance de La Justice l’équilibre, les animaux de La Roue de fortune les cycles qui montent et descendent. Ce guide décrit les symboles tels qu’ils figurent sur les cartes du Marseille, et ce que la tradition y lit.

Pourquoi regarder les symboles avant les mots clés

Un mot clé s’oublie, une image reste. Quand vous savez que L’Hermite avance seul en levant une lanterne, vous n’avez plus besoin d’apprendre par cœur qu’il parle de recul et de réflexion : la carte le montre. Les symboles servent aussi à relier les cartes entre elles, car un même objet ou un même animal revient d’un arcane à l’autre.

Méfiez-vous des descriptions trouvées ailleurs : beaucoup portent sur le Rider-Waite, un jeu anglophone aux images différentes. C’est de lui que viennent l’épée, la coupe et le pentacle parfois décrits sur la table de la carte I. Sur le Marseille, la table du Bateleur porte des gobelets, des dés, des pièces, un couteau et une sacoche. Notre comparatif Tarot de Marseille ou Rider-Waite détaille ces différences.

Les objets que tiennent les personnages

Les objets sont les symboles les plus faciles à repérer. Ils indiquent ce que fait le personnage, ou ce dont il dispose.

  • La baguette et la table du Bateleur : derrière sa table d’objets, Le Bateleur lève une petite baguette. Ces objets sont les ressources dont vous disposez déjà ; la baguette, l’habileté de les mettre en jeu. D’où le sens de la carte : un commencement, une initiative.
  • Le livre de La Papesse : ouvert sur ses genoux, il parle d’étude, de patience et d’un savoir qui mûrit en silence. Le rideau tendu derrière elle cache le reste de la scène : on y lit la discrétion.
  • Le sceptre et l’écu à l’aigle : L’Impératrice et L’Empereur tiennent tous deux un sceptre surmonté d’un globe et ont un écu frappé d’un aigle. Elle tient l’écu à la main, lui l’a posé à ses pieds. Ce sont des signes d’autorité : le pouvoir de convaincre pour elle, celui de réaliser pour lui.
  • Le bâton et la main levée du Pape : il tient un long bâton à trois traverses et lève l’autre main, deux doigts tendus, face à deux figures plus petites. On y lit le conseil, la médiation et la transmission.
  • L’épée et la balance de La Justice : la balance pèse, l’épée tranche. La carte réunit l’équilibre et la décision juste.
  • La lanterne de L’Hermite : en partie couverte par son manteau, elle éclaire juste assez pour avancer pas à pas. On y lit le recul, la patience et la recherche d’un guide.
  • La faux de L’Arcane sans nom : le geste est celui d’un faucheur qui dégage un champ, au milieu de jeunes pousses. Il parle de ce qui se termine pour laisser place au neuf, et de la récolte des efforts passés.
  • Les jarres de La Tempérance et de L’Étoile : La Tempérance fait passer un liquide d’une jarre à l’autre, d’une manière qui semble défier la pesanteur ; ce sont les échanges et l’harmonie. L’Étoile vide ses deux jarres à ses pieds : elle donne sans rien retenir, d’où sa sincérité et sa générosité.
  • La trompette du Jugement : un grand personnage ailé la fait sonner, et trois personnages se tournent vers lui. C’est l’appel qui pousse à faire le bilan et à repartir sur de nouvelles bases.

Les animaux et ce qu’on y lit

  • Le lion de La Force : la femme tient la gueule de l’animal sans effort apparent, et le lion ne se débat pas. La force décrite ici est la maîtrise de soi et la douceur, plutôt que la contrainte.
  • Les chevaux du Chariot : leurs corps semblent sortir de la caisse du char, et l’on ne voit pas de rênes. Le char avance pourtant droit vers le lecteur : la carte parle de maîtrise et de réussite. À l’envers, on dit que les chevaux tirent chacun de leur côté.
  • Les animaux de La Roue de fortune : l’un monte, l’autre descend, tandis qu’une figure couronnée reste en équilibre au sommet. C’est l’image des cycles et du changement.
  • Les chiens et l’écrevisse de La Lune : deux chiens aboient vers l’astre, une écrevisse se tient dans un bassin d’eau. Aucun humain n’apparaît : on y lit les émotions, les rêves et l’imagination, mais aussi les illusions qui égarent.

Les astres : le soleil, la lune et les étoiles

Trois arcanes portent le nom d’un astre, et chacun le montre en grand. Le Soleil, au visage humain, éclaire deux enfants devant un muret de pierres : c’est la chaleur humaine, l’amitié, la joie partagée. La Lune, au visage de profil, domine un paysage sans personnage : c’est le domaine de l’intuition, des rêves et des illusions. L’Étoile montre une grande étoile entourée de sept plus petites, au-dessus d’une femme qui verse l’eau de ses jarres : c’est l’espoir et le renouveau.

Le soleil apparaît aussi derrière le petit personnage ailé de L’Amoureux, qui tend son arc vers le bas. Un autre motif revient d’une carte à l’autre : des gouttes de couleur tombent du Soleil et flottent sous La Lune, et de petites boules colorées entourent la tour de La Maison Dieu. Les repérer aide à rapprocher ces cartes quand elles sortent ensemble.

Gestes, postures et regards

  • La tête en bas du Pendu : suspendu par un pied, le visage calme, il voit le monde à l’envers. D’où son message : faire une pause et regarder la situation sous un autre angle.
  • La chute de La Maison Dieu : la tour est frappée à son sommet par une langue de feu, son toit en forme de couronne se soulève, deux personnages tombent la tête la première. Le sol est proche : la secousse est forte, mais ils vont toucher terre. On y lit un changement soudain qui libère.
  • La marche du Mat : il avance d’un bon pas, son baluchon à l’épaule, sans s’arrêter pour le petit animal qui s’agrippe à sa jambe. C’est l’élan, la liberté, le voyage.
  • Le choix de L’Amoureux : entre deux femmes qui le touchent chacune, le jeune homme tourne la tête vers l’une sans s’écarter de l’autre. Toute l’hésitation du choix tient dans ce geste.
  • Le regard de La Justice : elle regarde droit devant elle, les yeux ouverts, sans bandeau. On y lit une justice lucide, qui voit ce qu’elle pèse.

Certains tarologues observent aussi la direction des regards. L’Hermite, par exemple, marche vers la gauche de la carte. Dans un tirage, on observe alors s’il se tourne vers une carte voisine, comme pour lui répondre.

Les cartes qui se répondent

Plusieurs arcanes partagent un symbole. Les repérer aide à mémoriser le jeu et à relier ces cartes quand elles sortent ensemble.

  • Le Bateleur et La Force portent le même large chapeau, dont les bords recourbés rappellent un huit couché. En amour, la tradition voit dans leur rencontre un très beau couple.
  • La Papesse et Le Pape portent tous deux une haute tiare. Elle est seule avec son livre ; lui fait face à d’autres personnages. L’une garde le savoir, l’autre le transmet.
  • L’Impératrice et L’Empereur partagent l’écu à l’aigle : la parole qui convainc d’un côté, la réalisation concrète de l’autre.
  • La Tempérance et L’Étoile versent toutes deux l’eau de leurs jarres : l’une échange, l’autre donne.
  • Le Soleil et La Lune se font écho : deux astres au visage humain, deux enfants sous l’un, deux chiens sous l’autre, mais une lumière franche d’un côté et trouble de l’autre.

Numéros et noms : ce qui est propre au Marseille

Les numéros du Tarot de Marseille s’écrivent en chiffres romains, à l’ancienne : IIII pour L’Empereur, VIIII pour L’Hermite, XIIII pour La Tempérance, XVIIII pour Le Soleil. La Justice porte le VIII et La Force le XI, alors que certains jeux modernes les inversent. La carte XIII n’a pas de nom écrit dans son bandeau, d’où son appellation d’Arcane sans nom. Le Mat, enfin, n’a pas de numéro : le cartouche où figure celui des autres arcanes reste vide.

Les noms changent aussi d’un jeu à l’autre. La Maison Dieu devient « La Tour » dans d’autres jeux, et Le Mat y est souvent appelé « Le Fou ».

Les arcanes mineurs : des enseignes plutôt que des scènes

Dans le Tarot de Marseille, les cartes numérotées des arcanes mineurs, de l’as au dix, ne racontent pas de scène. Elles montrent leur enseigne, répétée autant de fois que la valeur de la carte et entourée de motifs végétaux. On les lit d’après l’enseigne et le nombre, plus que d’après une image.

  • Les coupes : la vie affective, les sentiments, les relations.
  • Les épées : la pensée, les décisions, les conflits. Sur les cartes numérotées, leurs lames courbes forment des motifs entrelacés.
  • Les bâtons : l’action, les projets, l’envie d’entreprendre.
  • Les deniers : l’argent, le travail, le concret. Ce sont des pièces rondes.

On rapproche souvent ces enseignes des quatre éléments : l’eau pour les coupes, l’air pour les épées, le feu pour les bâtons, la terre pour les deniers. C’est une convention de lecture répandue, pas une inscription portée sur les cartes. Les figures, elles, sont illustrées : le valet, le cavalier, la reine et le roi de chaque enseigne représentent souvent des personnes de l’entourage ou une attitude à adopter. Notre article sur les arcanes mineurs détaille leur interprétation.

Comment s’exercer à lire les symboles

  1. Prenez une carte et décrivez-la à voix haute avant de lire son sens : le personnage, ce qu’il tient, ce qui l’entoure, ce qu’il regarde.
  2. Comparez avec le sens traditionnel, dans nos pages de signification des cartes du Tarot de Marseille, qui décrivent l’image de chaque arcane.
  3. Refaites l’exercice dans un vrai tirage, par exemple avec le tirage gratuit du Tarot de Marseille, et regardez si un symbole revient d’une carte à l’autre.

Questions fréquentes

Quels sont les symboles les plus importants du tarot ?

Il n’y a pas de classement officiel, mais certains symboles sont des repères faciles à retenir : la table et la baguette du Bateleur, la lanterne de L’Hermite, l’épée et la balance de La Justice, la roue et ses animaux, la tour frappée de La Maison Dieu. Les reconnaître suffit déjà à retrouver le sens général de ces cartes.

Les couleurs des cartes ont-elles un sens ?

Les tarologues y prêtent attention, mais il n’existe pas de code des couleurs partagé par tous. Pour débuter, fiez-vous d’abord aux objets, aux animaux et aux gestes : ce sont eux qui portent le sens le plus stable d’une carte à l’autre.

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